Les trois erreurs irréparables de l’Afrique noire .
L’Afrique noire a commis trois erreurs dont les conséquences sur son parcours historique sont terribles:
- l’importation de religions qu’elle n’a pas pris le soin d’assimiler;
- l’aquisition de langues étrangères sans perspectives d’actualisation des politiques linguistiques;
- l’acceptation des frontières héritées de la colonisation.
Ces trois erreurs s’avèrent d’éternelles barrières qui empêchent l’Afrique et les Africains d’acceder à une souveraineté stratégique, une paix durable et une solidarité sans laquelle, il n’y a point de développement possible.
En effet, nombreux encore sont ceux qui, parmi les Africains, pensent naïvement que la religion peut instaurer la paix et la cohésion sociale. Mais si c’était le cas, la cohabitation entre Juifs, Chrétiens et musulmans au moyen Orient, aurait été un formidable exemple, une leçon de morale au reste du monde puisque toutes ces trois religions révélées viennent de cette région moyen-orientale.
La source de divergence et d’animosité ne vient certainement pas du contenu des textes révélés. Elle est plutôt à rechercher dans l’interprétation de ces texte, le comportement des hommes, dans cette nature humaine caractérisée par la volonté de puissance et de domination, même si, il faut bien le dire, certains passages des textes de référence manquent bien souvent de cohérence.
1-Les Religions exogènes:
Il apparait que la religion est indispensable dans la vie de l’homme. La foi en un Dieu unique, Maître créateur du monde, peut réduire l’instinct dominateur de l’homme et son orgueil excessif. Il pourrait alors plus facilement comprendre que, quels que soient son apparence physique (noir, blanc, jaune), son statut économique ( riche ou pauvre), ou social (dirgeant, sujet ou simple citoyen), il n’est que par la seule Volonté de Dieu (pré-destinée). A ce titre la religion peut être un catalyseur de paix par une atténuation heureuse de l’orgueil humain et de son hégémonisme outrancier. Mais pour qu’une religion joue ce rôle au sein d’une société, notamment lorsqu’elle est importée, il faut qu’elle ait été assimilée de tout point de vue par les peuples qui l’auront adoptée.
Malheureusement, c’est à ce niveau précisément que le continent noir a péché par une énorme insuffisance.
L’Afrique n’avait pas compris très tôt, à l’instar de l’Occident, la puissance du poison qui se cache derrière toute religion non assimilée.
En effet, dès l’arrivée du christianisme, l’Europe comprit très vite que si le Dieu des juifs est le même que celui de tous les hommes sur la terre, ils ne devaient donc s’adresser à ce Dieu que dans leurs langues maternelles. Ils avaient compris que Dieu qui a créé toutes les langues, ne pouvait les ignorer.
Aussi décidèrent-ils de traduire la bible chrétienne ( nouveau testament) et celle des juifs (ancien tertament) dans leurs langues. Au sein des églises et dans toutes leurs cérémonies à caractère religieux, ils prient directement dans leurs langues.
Ce faisant, ils ont mené un combat aussi difficile qu’indispensable pour l’assimilation totale dans leurs cultures et langues de la Parole de Dieu. Par cette assimilation, ils ôtèrent à la religion toute sa charge nocive pouvant se traduire par la division des commnautés humaines.
Ils avaient compris que lorsque la religion s’impose, sa cause finit par primer sur toute autre chose de la vie. Quand Dieu parle et dicte ses Lois, les adeptes tournent le dos à la famille, la communauté et la race, car pour les croyants Dieu seul compte et rien d’autres avant lui.
Noé (Nouh) qui voulait sauver son fils de la noyade en le prenant dans son Arche, n’a-t-il pas renoncé sous l’injonction de son Seigneur lui intimant l’ordre d’abandonner cette âme qui n’est pas de « sa famille »?
Du vivant du prophète Mohammed, les batailles entre les Mecquois et les Medinois furent d’une rare violence.
On vit des scènes où un fils tue son père, un neveu assassine son oncle, et un voisin oter la vie à un autre au NOM d’Allah!!
En Occident après les guerres entre chrétiens de l’époque de la royauté, ils ne se battront plus pour cause de religion.
Les combats qui vaudront la peine d’être menés sont ceux pour le bien-être matériel, la liberté, le respect des frontières et celui de la conservation de l’identité.
Quand l’islam domina l’Europe, des scènes de violence se sont reproduites comme nous le voyons aujourd’hui au Moyen-Orient et dans le Sahel.
L’Afrique est devenu ce malheureux continent, parce qu’en la colonisant, les Francais, les Espagnols, les Anglais et les Portuguais ont, avec la fallacieuse mission civilisatrice, en même temps apporté la religion chrétienne véhiculée exclusivement dans leurs langues. De sorte qu’aucun Africain, issu de ces anciennes colonies, ne s’adresse à son Dieu à travers sa langue dans les églises, même après l’accession à la souveraineté internatiôale de nos Ètats.
Il en est de même pour l’Islam. Pire encore, dans cette dernière religion, celui qui ose prier dans une langue africaine, dans sa langue, court le risque d’être bani voire même maudit par ses propres frères.
De sorte que les Arabes Musulmans et les Occidentaux chrétiens, n’ont plus besoins de venir en Afrique pour défendre leurs causes, ils ont déjà des soldats noirs prêts à massacrer leurs frères pour défendre les religions et les langues venues d’ailleurs.
Les Occidentaux ont tôt compris que la religion porte toujours une culture, une civilisation et la langue chargée de la véhiculer bénéficie tout à la fois de son énergie et de son aura.
Les conflits qui se passent en Afrique, les plus sanglants et atroces qui s’éternisent, sont ceux qui se sont noués au nom de la religion musulmane. Les uns et les autres se massacrent sans remord ni regret au nom d’Allah qui n’a pourtant confié cette mission à personne.
Si un Noir au vingt-unième siècle peut se rallier à un Arabe pour combattre ses frères Africains, oubliant les razzias et la traite esclavagiste arabo-musulmane de près de treize siècles, c’est qu’il manque à la fois de logique et de conscience.
2- Les Langues étrangères
Toute langue véhicule une culture et une civilisation, un rapport au monde et à soi-même.
La deuxième erreur monumental des Africains est l’adoption des langues étrangères au détriment de leurs langues nationales. Il aurait fallu, immédiatement après les indépendances, entreprendre une politique linguistique destinée à faire des langues africaines des langues d’éducation, de formation et d’administration. Nous aurions alors été très avancés aujourd’hui dans la voie de la souveraineté linguistique. Aujourd’hui, ils est très difficile de se débarrasser de ces langues étant donné qu’elles sont devenues des langues de communication et de la prière !!!
Les intellectuels africains qui devaient éclairer les peuples, sont les premiers assimilés et déracinés de sortes que chacun d’eux lutte davantage, voire uniquement pour la survie de sa seconde langue (l’arabe, le français, l’anglais ou l’espagnol) , laissant sa langue maternelle propre de côté comme si sa personnalité et sa destinée pouvaient s’en départir.
Même ceux qui, dans certains pays sectaristes, essaient de promouvoir les langues africaines, refusent d’ouvrir leurs yeux sur les grandes langues que sont Le Poular, le Haoussa et le Swahili.
Il est souvent rappelé que si l’Afrique s’unissait, elle représenterait la sixième puissance militaire mondiale derrière la France, la quatrième puissance économique, alors que les langues de communication seront l’anglais, le Français et l’Arabe! Où sont nos langues africaines ?
Nous avons pourtant l’immense chance de posseder dans notre patrimoine linguistique africain des langues transnationales d’une grande efficience : le pulaar est parlé dans 20 pays africains, le Swahili et le Haoussa sont aussi transnationales dans une moindre mesure mais parlés par un nombre significatif de locuteurs.
Plus l’assimilation des Africains à des langues non africaines dure, plus il leur sera difficile de conserver leur personnalité, de sauver leur identité.
L’exemple le plus expresif en la matière est celui des Soudanais, des Ethiopiens et même de beaucoup de Tchadiens tellement assimilés qu’ils se considèrent comme des Arabes et oppriment leurs frères noirs à ce titre.
3- Les Frontières
Le troisième mal, tout aussi profond, est le tracé des frontières africaines. Fait à l’insu des populations africaines et de leurs dirigeants, pourtant à leur accession aux indépédances, les Africains se sont accommodés de ces divisions qui font leur perte.
Les intellectuels africains qui étaient là, pour la majorité des dirigeants, à la veille des indépendances, n’avaient pas compris que l’urgence résidait dans la révision des frontières pour construire progressivement l’unité africaine.
Cette unité aurait été le véritable rempart contre de nombreux conflits et autres destabilisations que connait le continent aujourd’hui. Il ne s’agit certainement pas de penser naïvement que faire l’unité africaine en 1960 aurait été facile, mais elle avait toutes les chances de réussir à cette époque. Elle aurait sans doute participé à resorber les rivalités nées de la multiplicité des ethnies par l’instauration d’une confédération avec des États homogènes au sein d’une confédération unique. Une confédération avec une monnaie unique, sous un seul drapeau. Un pays continétal dont la taille du marché et la diversité des ressources auraient indibitablement ouvert les portes du développement, et mêmes celles de la puissance stratégique.
Vive la liberté et la souveraineté !!!
Le 02/11/2026
Abou SY