Les populations de l’ile à Morphil, cette bande de terre comprise entre le fleuve Sénégal et son affluent, le « Doué », ne dorment plus du sommeil des justes, depuis quelques jours. Et pour cause ! Les mauvais souvenirs vécus l’hivernage dernier, suite au débordement du cours d’eau, hantent leur sommeil. La panique s’installe, depuis que des informations en provenance de Bakel et Matam, révèlent l’imminence de l’atteinte de la côte d’alerte et de l’arrivée du trop plein de la réserve de rétention du barrage de Manantali.
Selon, le bulletin hydrologique du bassin du Fleuve Sénégal, de ce dimanche le niveau du Bafing (Amont de Manantali) est de 201, 51 mètres. Alors que le débit turbiné par Manantali est 209 m3/s contre172 m3 à la même date de l’année dernière.
Le document précise que la côte normale de la retenue est de 208,05 mètres et la côte exceptionnelle est de 211 mètres. Plus près de nous, ce matin à 8 heures à l’Echelle de Podor, le plan d’eau se situait à 3, 93 mètres. Soit à 1, 07 mètres de la côte d’alerte de 5 mètres pour Podor et la Moyenne Vallée.
Une situation donc qui a fini d’installer la psychose chez les insulaires qui gardent en mémoire des souvenirs, pas du tout agréables.
L’hivernage dernier, dans plusieurs localités riveraines du fleuve Sénégal, ou de ses affluents, le Doué, le Gayo et le Ngallenka, des habitations ont été emportées par les eaux. Parfois des ménages ou villages ont été chassés de chez eux pour se recaser à des dizaines de kilomètres, dans des conditions d’extrême vulnérabilité.
C’était le cas des habitants de Déguimbéré dans la commune de Fanaye, qui ont été déplacés grâce à la détermination des autorités municipales et administratives.
Plusieurs familles de Korkadié dans la commune de Guédé Village, ont aussi dû fuir la menace de la crue pour se réfugier non loin de Niourkadié, entre le croisement de Guédé Chantier et le village de Lérabé.
En plus des cas similaires répertoriés dans la commune de Gamadji Saré, de Cas-Cas et de Saldé, l’on signale plus de 2000 hectares de parcelles de riz endommagés. Dans certains cas ce sont des cultures avancées qui ont été détruites, accentuant l’extrême pauvreté des ménages.
L’aide et la Solidarité au tour des sinistrés
Le ministère de la Famille et des Solidarité avait annoncé une aide aux sinistrés. Elle s’est traduite par des dons à travers plusieurs structures de l’Etat. Notamment le PUMA, le Commissariat à la Sécurité alimentaire, le Cosec, le Fonds nationale à la Solidarité, entre autres. Il y a eu également des bonnes volontés qui ont volontairement répondu à l’appel des autorités administratives, sous la coordination du préfet, Mactar Diop.
Des personnalités de Podor et d’ailleurs ont apporté leur soutien aux populations frappées par cette calamité naturelle. Il s’agit du ministre de la Santé et de l’Action sociale, Dr Ibrahima Sy, du maire de Podor, Mamadou Racine Sy et du maire de Ndioum Cheikh Oumar Anne. Le du maire de Kaolack, Sérigne Mboup, l’ancien Premier ministre Amadou Bâ et l’ancien président du Conseil Economique social et Environnemental (CESE) ont également soutenu les sinistrés.
L’intervention des Sapeurs pompiers a été remarquable dans toutes localités en détresse. Que ce soit à Déguimbéré, à Tivaouane-Mboyo ou à Korkadié, ils ont sauvé des vies, conformément à leur devise : « sauver ou périr ».
La réhabilitation des digues de protection, promesse toujours attendue
La crue arrive à grande vitesse. La situation est préoccupante. Les digues de protection fortement endommagées nécessitent une réhabilitation. Les autorités administratives et les villages avaient déjà fait l’état des lieux. Mais depuis l’année l’intervention des services de l’Etat se fait attendre. Certains villages ont même pris les devants pour entreprendre des actions endogènes. C’est les cas du village de Doué, dans la commune de Guédé Village, qui a déboursé plus de 9 millions, dans un premier temps. Puis il y a Fanaye Walo et Mboyo des localités très enclavées.
A.D