Le retour de Demmba Hamadi Saada Bah : la renaissance du Pulaagu

Dans une époque où les traditions peules tendent à s’estomper sous le poids des migrations et de la modernité, un jeune berger du nom de Demba Hamadi Saada Bah vient de rappeler au monde que le Poulagou cette culture pastorale profonde et fière est toujours vivant.

Originaire du nord de Mbanane, dans la commune de Nabadji Civol, près de Boynadji, Demba a quitté son village il y a cinq ans, avec quelques têtes de bétail, à la recherche de pâturages. Ce voyage, que les Peuls appellent le “Agga”, l’a conduit à travers les forêts et les terres du Mali, dans une quête ancestrale que peu de jeunes aujourd’hui osent encore entreprendre.

Après cinq années d’effort, de persévérance et de nomadisme, Demba est revenu chez lui, à la tête d’un troupeau impressionnant, à la fois par son nombre, sa beauté et son état de santé. Mais plus encore, il est revenu avec une fierté, une dignité et un message fort.

Demba n’a pas seulement ramené des bêtes. Il a ramené une culture, un symbole, une mémoire. À chaque étape de son retour, les populations peules sortaient en masse pour l’accompagner, célébrer son courage et rendre hommage à cette figure qui redonne espoir et valeur à une tradition en déclin.

Le rituel du Djiaro, cette marche fière du berger en tête de ses troupeaux, a repris vie. Les chants, les danses, les cris de joie ont accompagné son passage dans chaque village. Son entrée imminente à Mbana est attendue par une foule impressionnante, encadrée même par les forces de l’ordre, tant l’événement dépasse l’individu pour devenir un phénomène social.

Ce que Demba nous enseigne, c’est que la culture n’est pas un obstacle au progrès. Ce n’est pas en abandonnant nos racines que nous gagnons en valeur, mais en les honorant avec discipline, foi et courage. Dans un monde où beaucoup troquent leur héritage contre des illusions lointaines, lui a choisi de s’enraciner pour mieux s’élever.

Aujourd’hui, Demmba Hamadi Saada Bah n’est plus seulement un berger. Il est devenu un symbole. Un modèle. Une fierté. La preuve vivante que le Poulagou existe encore. Et qu’il peut renaître, porté par une jeunesse consciente, fière et engagée.

Dano Gorba Dicko

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